Profil sciences: toutes les questions que vous avez toujours rêvé de poser!

Nous vous présentons en exclusivité notre interview d’une ancienne élève d’Europole, Alexandra, qui a fait une prépa intégrée INP, et qui est maintenant en école d’ingénieur!

Avant toute chose, nous espérons que cette interview vous soit enrichissante, et d’ailleurs, n’oubliez pas qu’il ne s’agit que du point de vue subjectif d’une personne! Par conséquent, gardez en tête l’importance de vous renseigner auprès d’autres personnes, avec d’autres parcours et d’autres regards!

Si vous avez en tête des gens qui pourraient potentiellement accorder des interviews à Europole News, sollicitez-les, et ainsi nous pourrons accroître le partage des expériences de chacun!

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1) La prépa en général

  • L’ambiance était comment?

L’ambiance était cool ! Les gens étaient solidaires, contrairement aux idées reçues. On était tous dans la même galère donc on se soutenait.

Mais parfois, l’atmosphère de travail constant était pesante. La période hivernale vers novembre était particulièrement déprimante et cela se sentait à l’échelle de la promo.

Heureusement qu’il y avait des soirées et des évènements tout au long de l’année pour réhausser l’humeur générale !

  • Travaillais tu plutôt en groupe ou en solitaire ?

Au début je travaillais exclusivement seule, mais très rapidement, des séances de travail en groupe de temps en temps se sont révélées être plus formatrices pour moi. Le fait d’expliquer les choses à quelqu’un, de poser des questions et d’obtenir des réponses par quelqu’un de mon niveau fait qu’il y a une meilleure compréhension. Puis c’est toujours plus marrant et moins pesant sur le moral !

  • Le temps de travail personnel était de combien chaque semaine (jour en semaine/ weekend) et y avait-il un temps suffisant pour les loisirs et la vie personnelle ?

Il y a beaucoup de travail personnel à fournir. La quantité varie beaucoup entre les gens, entre 30 minutes (pour les génies) à 5 heures (pour les masochistes) par jour, mais en général, 2 ou 3 heures semble être la norme un lundi soir. Les week-end, on prend souvent une demi-journée, ce qui laisse le temps pour les activités et les amis.

  • Comment cela a-t-il été de jongler entre travail personnel, loisirs, et tâches du quotidien (repas, lessives, …) ?

Pour réussir à gérer les tâches ménagères et bien se nourrir, il faut en avoir l’énergie… je conseille vraiment de se mettre à la résidence de la Houille Blanche* où beaucoup des gens de la prépa habitent : le ménage y est pris en charge, ça permet de cuisiner ensemble et de faire une pause mentale. Rester chez les parents peut aussi être avantageux car ils font à manger, le ménage et offrent un soutien mental. *Cette résidence est ouverte à tous les étudiants mais il y a une majorité d’INP.

Personnellement, j’ai vécu avec mon (ex-)copain pendant les 2 ans… c’est faisable, mais une assez mauvaise idée ! J’étais souvent d’une humeur difficile le soir à cause du stress et ça peut vraiment nuire à une relation.

Les horaires: c’était du 8h – 17h toute la semaine en général.

  • Quels conseils concrets donnes-tu pour devenir et rester motivé-e et efficace en prépa ?

Déjà, en arrivant d’Europole, on a un atout : on est très bon en langues.

On se retrouve en classe de niveau LV2 et du coup, les bonnes notes tombent du ciel ! Ca m’a permis de réhausser ma moyenne de quelques points ou de rattraper ce satané 4 en maths plus d’une fois !

Par rapport aux notes en général, disons qu’au début, on se prend un ou deux gros cartons. Mais globalement, tout le monde a la moyenne ! Puis la perception d’une bonne note change fondamentalement : 12 devient une bonne note qu’on se satisfait d’avoir (pour changer du 15 à 18 de moyenne au lycée) ! (Là, de retour en école d’ingé, la perception des notes redevient comme celle du lycée.)

Ensuite, il faut établir des “To Do lists”, sinon on perd vite le fil de tout ce qu’il y a à faire.

Le plus important, c’est de faire un maximum d’exercices pour gagner en efficacité et en rapidité pour les DS. Et vraiment essayer de les faire, pas s’aider de la correction dès que l’on bloque 3 minutes.

Il faut rester très assidu sur les cours et les TD pour ne pas perdre le fil. C’est parfois difficile de gérer les longs horaires (quoiqu’on était assez bien servis à Europole aussi), puis les mauvaises notes font mal à l’égo, mais on devient plus humble et on s’endurcit.

Attention au burn-out ! Si l’on sent que l’on est fatigué mentalement, mieux vaut faire une pause et se changer les idées pour être paisible, plutôt que de réviser le DS du lendemain dans la panique jusqu’à 3 heures du matin et péter un plomb au DS (déjà fait, je déconseille).

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2) La prépa… intégrée

  • Comment étaient les locaux (salles, bibliothèque), les équipements?

La prépa des INP est hébergée dans des locaux un peu moins classes que Europole, c’est vrai. Mais tant qu’on rentre tous dans les salles et qu’on peut faire cours, y’a pas de soucis. On était environ 90 en amphi et 30 en TD (on était en formation TD le plus souvent). Pas de bibliothèque dans ces locaux mais quelques espaces de travail, et on était à 15 min à pied de la BU.

  • Pourquoi as-tu choisi de faire une prépa intégrée et pas une CPGE ?

L’école que je voulais initialement, Phelma à Grenoble, figurait dans la liste des écoles accessibles par la Prépa des INP. Je me suis dit que j’aurais plus de facilités d’y accéder en passant par cette voie, car Phelma est assez bien cotée aux concours CCP et donc assez difficile à atteindre. Puis ce serait surtout moins pénible que la prépa de Champollion par exemple. Les profs de Champollion sont réputés pour être assez sadiques. Je pense que le travail à fournir en CPGE reste quand même un peu supérieur aux prépas intégrées, puis il y a des colles. Surtout, je pense que l’ambiance est beaucoup moins conviviale qu’à l’INP.

Et effet, c’était le cas : 22 places sont offertes chaque année aux élèves de la prépa pour aller à Phelma, et ils demandent une moyenne assez atteignable, même pour un élève moyen.

Pour des écoles prestigieuses comme l’ENAC ou l’ISAE Supaéro, je ne sais pas trop… En gros, il faut être dans le top 10 de promo pour espérer avoir une chance. Mais peut être qu’arriver dans le top 10 parmi les 400 élèves des Prépas des INP est plus facile que d’être en concurrence avec des milliers de personnes aux concours.

Je n’ai jamais regretté mon choix : même si je n’ai pas choisi Phelma au final, le large panel d’écoles m’a permis de choisir une école qui me correspond à 100% (l’ENSC). On avait des matières qu’on ne trouve pas dans les CPGE : le sport, l’économie, la biologie, l’organisation industrielle … Ca dépend des périodes mais on a environ 4 heures par semaine de ces matières en plus (à part le sport). Ces matières offrent une ouverture d’esprit supplémentaire et permettent de sortir un peu la tête du guidon des maths et de la physique. L’économie c’est très intéressant, on apprend le fonctionnement de base et ça s’applique directement pour comprendre notre quotidien et les marchés. La biologie permet de garder une ouverture sur les écoles d’agronomie si c’est ce qu’on veut faire.

J’ai pu faire des soirées dans l’ambiance ingénieure (car cette prépa participe aux traditions de l’INPG : les tournois sportifs, les soirées…), avoir une assez bonne vie sociale, et faire un stage d’un mois et demi pendant que les autres passaient leurs concours.

Ce n’est pas essentiel pour s’orienter, mais ça a pour but de se rendre compte de la réalité du monde du travail et des ouvriers, bien mieux que notre triste stage d’une semaine en troisième. Car en tant qu’ingénieurs, on sera surement amenés à gérer des équipes et c’est important d’avoir eu le point de vue opposé.

Ce stage dure six semaines et il se doit d’être ouvrier. On découvre donc comment fonctionnent une chaîne de production, les relations entre les employés ou bien la culture d’entreprise.

Personnellement, j’ai bossé dans une usine Schneider Electric, entourée d’hommes, et j’ai construit des caissons devant contenir des transformateurs de tension (ça sert à abaisser les hauts voltages du réseau en bas voltage). Ca a été très formateur et je me suis prouvée beaucoup de choses sur mes capacités physiques et mentales.

• Comment se fait le contrôle continu, sur tous les DS ? Est-ce que c’était bien ?

Oui, le contrôle continu se fait sur tous les DS. On en avait un de deux heures une fois par semaine (en alternance entre les maths, la physique, et les autres matières). Je trouve que c’est mieux que de tout miser sur quelques journées de concours, et ça force à adopter un rythme de travail constant.

  • Quel était le niveau des élèves en prépa INP ?

Un très bon niveau, il suffit de regarder la moyenne au bac des entrants en 2017 : 16,5/20. Rapidement, des écarts se creusent, mais il ne faut pas perdre confiance en soi ! Il faut toujours se rappeller que ça reste une formation de haut niveau.

  • Quelles sont les différences majeures des matières en prépa par rapport au lycée ?

On va à fond dans l’aspect théorique et on démontre tout, plutôt que de juste apprendre une méthode par coeur. Si on veut s’en sortir, il faut vraiment essayer de comprendre ce que l’on fait. N’aimant pas spécialement les maths au lycée, c’est cet aspect de construction du raisonnement et de recherche que j’ai adoré en prépa.

3) De la prépa à l’école d’ingénieurs :

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  • Comment réponds-tu à l’idée que les prépas intégrées donnent moins d’ouverture sur  les écoles d’ingénieurs? C’est-à-dire que les écoles au bout des deux ans en prépa intégrée sont uniquement celles du groupe INP, donc si on n’a pas eu celle qu’on voulait, on risque peut-être plus de tomber dans une qui nous plaît peu.

Même si l’ouverture est moins vaste, je dirais quand même que l’ouverture est largement suffisante. Il y a au total 30 écoles accessibles au travers de la prépa des INP, et beaucoup sont bien classées ! Leurs domaines de spécialisation sont très diversifiés, chacun peut donc y trouver pour son compte : maths, info, physique, agronomie, biologie, chimie, et même des sciences plus humaines comme à l’ENSC !

Sachant que si on n’est pas accepté dans une école qui nous intéressait, il y en a presque toujours une qui y ressemble grandement et qui est moins exigeante sur les notes.

En fait, c’est le même problème que pour les gens qui passent des concours : si l’on vise une école particulière, il y a un risque d’être déçu, mais on peut toujours se rabattre sur quelque chose de similaire.

  • Pendant les deux années de prépa, quels sont les moyens qui t’ont permis de te décider pour tel domaine et telle école ?

Un mélange entre le plaisir de certaines matières et le dégoût des autres …

A la base je voulais aller à Phelma, une école de physique assez théorique pour faire des nanosciences ou la filière d’ingénierie biomédicale. Mais tous ces cours de physique, de mécanique, de thermodynamique … Ca ne m’a vraiment pas plu.

D’un autre côté, j’ai adoré les maths, la bio et je m’amusais tout le temps en informatique. Chaque programme était comme un challenge que je devais accomplir. Venant d’Europole, j’ai toujours eu une pré-disposition pour les langues et les sciences-humaines. C’est pour ça que je suis allée à l’ENSC, qui est un mélange de tout ça !

  • Qu’est ce que la cognitique ? Comment la décrirais tu pour donner envie à un/une élève de Terminale S ?

La cognitique, c’est un domaine pluridisciplinaire où l’on allie l’informatique, la psychologie, la biologie, l’ergonomie et plein d’autres matières dans le but de créer des solutions numériques et d’améliorer l’interaction entre l’Homme et les systèmes informatiques.

Tout ceci avec l’intention que les technologies s’adaptent à l’utilisateur et non l’inverse. On va considérer les personnes handicapées physiques ou mentales, les personnes âgées, ou bien plus  simplement la catégorie socio-professionnelle de l’utilisateur.

On va donc créer des applications, des jeux vidéos, des services, et on pourra faire de l’intelligence artificielle, des neurosciences, de la réalité virtuelle ou de la modélisation 3D.

C’est vraiment fascinant, et chacun peut se spécialiser dans un domaine qui lui parle plus (médical, aéronautique, jeux vidéos…).

  • En école d’ingé, qu’est ce qui change le plus par rapport à la prépa ? En termes de cours, des rapports entre profs et élèves, du temps libre,…

La légende dit qu’en école d’ingé, c’est la débandade totale comparé à la prépa … Et c’est vrai !

En fait, ça dépend des écoles mais surtout de ce que chacun décide de faire de ce temps en plus.

Même si l’on a moins de cours, à l’ENSC on travaille sur de nombreux projets par groupes de 4 à 10. Les projets sont encadrés par des entreprises ou des chercheurs et s’axent autour d’une problématique de cognitique. On en a 3 ou 4 par an qui s’étalent sur des périodes de 3 mois à 1 an.

Par exemple, cette année, l’un d’eux pour moi était d’établir des scénarios d’utilisation d’un dispositif Google Home par des personnes âgées en situation d’isolement.

Un autre de mes projets était de trouver une solution pour qu’un robot suive un humain dans un champ de vignes pour que l’ouvrier puisse se décharger de sa récolte et de ses outils, avec des considérations d’interaction Homme/Machine (quel est l’espace vital à respecter par exemple).

On a toujours la possibilité de proposer son projet et c’est encouragé ! Par exemple, j’ai actuellement un projet informatique à faire. J’ai pu proposer ma propre idée de site web : un outil d’aide à la création de langues (comme l’Elfique ou le Klingon par exemple).

Dans le cadre de ces projets, ce sont les élèves qui fixent leurs réunions de travail en autonomie, qui prennent les rendez-vous avec leur sujets de tests, leurs clients… C’est très responsabilisant et simule vraiment ce qui se passe dans le monde du travail (un développeur fantaisiste qui refuse de suivre les directives, les problèmes de budget, le management d’équipe…).

Chacun devient maître de son temps et on ne peut compter que sur soi même pour mettre à profit ce temps libre pour acquérir des compétences supplémentaires en informatique, maîtriser un logiciel en particulier ou bien s’investir dans le sport.

Par contre, pour mes amis à l’ENAC ou à l’ENSE3, pas grand chose ne change, il reste une grande charge de travail pas si différente de la prépa, même si l’ambiance est plus relâchée.

  • Et toi, tu as déjà une idée de ce qui te plaît le plus dans ce que tu fais (sujets, approches…) que tu voudrais développer à l’avenir ?

Pour l’instant je tâtonne, j’essaie de faire des projets dans des domaines différents pour voir ce qui m’attire le plus. Mais le milieu para-médical me plaît bien, il y a une dimension humanitaire assez fortement présente. Ou tout ce qui concerne l’acceptabilité des systèmes numériques.

Merci beaucoup pour cette interview ! Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter à l’adresse suivante : apometko@ensc.fr.

 

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Un commentaire

  1. Il est vraiment interessant mais je pense qu’il est très long: on pourrait mettre  la partie prépa dans le journal papier et la partie choix d’école future dsur internet???‌

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